Montréal, même si ça ne paraît pas toujours, est décidément une ville de champions !
Prenez le Canadien. Sceptiques depuis le début de la campagne, on doit maintenant admettre qu’on s’était trompé dans son cas. Mea culpa. Canadien vient de gagner une autre série de cinq matchs, il a remporté cinq de ses six derniers matchs à l’étranger, il est à un point du sommet dans l’Est avec un match en mains (et Boston est en train de gaspiller les quatre qu’il avait à un certain moment sur le CH).
Canadien, faut le dire, a un bon club.
Il est quatrième au total pour les victoires, les points et le pourcentage de points, cinquième pour les buts marqués par match et sixième pour les buts accordés, troisième pour le ratio buts alloués/accordés à 5 contre 5… En fait, les seules statistiques où le Canadien n’est pas dans le top-10, c’est pour le désavantage numérique (19e) et les mises en jeu remportées (22e).
Canadien est fort. C’est dire à quel point Jacques Martin est mauvais Quelques changements et hop! ce club-là se retrouve en tête de la ligue. Vrai, il ne pouvait pas compter sur Galchenyuk-Gallagher. Mais «bencher» Gomez et Kaberle (Diaz était là, l’an passé), il n’avait pas les couilles pour le faire… Pensez-vous que les jeunes auraient joué l’an dernier, anyway ? C’est ce qu’on se disait…
Ça nous coûte un peu de le dire, mais ici, aux quartiers généraux de CPCJ!, on se surprend même à aimer cette équipe…
Et prenez l’Impact. Une troisième victoire d’affilée. Samedi, contre le Toronto FC, même s’il n’a joué que 45 bonnes minutes, l’Impact a trouvé une façon de l’emporter. L’an dernier, c’est un match qu’il aurait assurément perdu : il avait la bien mauvaise habitude de s’effondrer quand ça commençait à chauffer.
Bon, l’Impact ne remportera pas tous ses matchs, mais les points qu’il engrange en mars et avril sont ceux qu’il ne cherchera pas désespérément en septembre et octobre, comme l’an dernier. Ça promet.
Et prenez aussi Georges St-Pierre. Vrai, à CPCJ!, on déteste le UFC, que l’on estime semblable à une douteuse bataille de ruelle où deux combattants sont entourés de 20 voitures, tous phares ouverts et qu’on se tapoche jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un en état de dire : «Pardon mononc’».
Mais nous ne sommes pas insensibles aux succès de GSP, qui a défendu avec succès sa ceinture des 170 livres pour une huitième fois. Ça ne nous fera pas aimer les combats ultimes, mais on apprécie l’exploit.
Non, vraiment, le seul endroit où on ne trouve pas que Montréal est une ville de champions, c’est pour son prochain gros évènement de boxe.
Nous le savons, nous sommes pas mal les seuls à ne pas tripper sur le combat Pascal-Bute du 25 mai prochain. Mais sérieusement, mis à part de pouvoir se vanter sur les bars de la rue St-Laurent d’être le meilleur boxeur au Québec, quel est l’enjeu de ce combat ?
Une ceinture ? Non. Pascal abandonne même l’espoir d’être champions de mi-lourds de l’IBF pour ce combat. Bute tente de nous faire croire que c’est pour se préparer pour sa revanche contre Carl Froch.
Une chance de se battre en championnat du monde par la suite ? À peine un «peut-être» : le perdant sera condamné à attendre le gagnant pour un combat revanche et le vainqueur est loin d’être assuré de recevoir un coup de fil (GYM a tellement écoeuré Gary Shaw, le promoteur de Chad Dawson, dans ce dossier que celui-ci ne devrait pas offrir une chance à Pascal s’il l’emportait…).
La gloire internationale ? Non. Ces deux boxeurs sont déjà connus. Mais au moment d’écrire ces lignes, contrairement à ce GYM et InterBox ont voulu vous faire croire jusqu’ici, les réseaux américains «n’attendent pas ce combat depuis deux ans» (c’est Yvon Michel qui nous scande ça depuis l’annonce du combat). HBO, «qui demandait sans cesse quand ce combat allait se produire», n’a pas encore annoncé ce qui remplacera Pascal-Dawson le 25 mai. Showtime ne semble plus intéressé par Bute depuis qu’il a perdu contre Froch (et qu’il a décidé de se battre contre Dennis Grachev).
Non, vraiment, pour nous, ce combat, c’est du Régis Lévesque sans le loufoque personnage. C’est Hilton-Ouellet all over again. Ça nous dit aussi que les deux groupes pensent que maintenant, pour que leurs boxeurs fassent un coup d’argent, ils doivent se battre contre le gars de l’autre écurie. Inquiétant. Si Pascal s’était battu contre Dawson et qu’il avait gagné, vous croyez qu’un affrontement contre Bute aurait été impossible ? Absolument pas !
Mais ce que ça dit, c’est que ces deux boxeurs voudront en faire une série de trois combats et qu’après (dans deux ans), il sera trop tard pour tous les deux pour aspirer à autre chose.
J’espère au moins qu’ils auront beaucoup de dollars à compter.









